Le bijou et ses symboles

Par Gisèle Poirier

NON SEULEMENT LE BIJOU FAIT RESSORTIR D’UNE FAÇON NATURELLE, LA BEAUTÉ DE LA FEMME, MAIS LA COUTUME DE DONNER DES BIJOUX EST AUSSI ANCIENNE QUE L’HUMANITÉ. LE BIJOU N’EST PAS UN OBJET DIVIN EN SOI, IL DEVIENT MAGIQUE OU SYMBOLIQUE, TOUT DÉPEND DE L’ATTRIBUT QU’IL EMPRUNTE.

Cette parure devient donc à travers les temps pour les humains très significative. Dans les écrits du Moyen Âge, on lui attribue la valeur du talisman (terme hérité de l’Arabe) accordant même aux pierres précieuses le pouvoir de protéger des forces du mal et de chasser la maladie. Les Africains lui donnent un sens magique tandis que pour les Indous, il devient sacré. Le bijou endosse plusieurs formes et diverses significations. En forme d’oeil ou de main, chacune des religions prône son amulette.Pour certaines reines il compose « une armure magique » qui pend sur la poitrine jusqu’à
la ceinture où sont fixées des amulettes. On confirme également au matériau dont il est composé un sens magique et des forces naturelles. Ainsi, selon une légende grecque, le corail a des vertus magiques. Pour les Arabes, l’argent symbolise la pureté. La coralline guérit, dit-on, les blessures et rend les accouchements plus aisés. Le jade vert est considéré par les Chinois comme agent vivifiant du yang. Les perles de verre des bijoux africains éloignent le mauvais oeil. La perle a toujours aussi fasciné les humains par sa forme et sa perfection. Pour les chrétiens, elle représente la mère de Dieu. Pour les Chinois elle revêt le symbole de la richesse et de la longévité.

Dans la croyance populaire, les perles évoquaient pour certaines reines le synonyme des larmes. L’or considéré inaltérable devient le symbole du défi à la mort. Les archéologues en ont trouvé la preuve en découvrant dans les tombes royales d’Ur, les sépultures des pharaons en Grèce, en Chine et au Mexique, des bijoux en or accompagnant les dépouilles affichant ainsi un espoir d’immortalité. L’amour doit être indestructible comme l’or, l’anneau apparaît alors comme l’emblème de l’union des époux. Chez les Romains, il correspond à une décoration qui vaut la légion d’honneur et il a servi de sceau aux grands de ce monde.

Il faut dire que les bijoux remontent à des temps anciens. Certaines découvertes archéologiques récentes ont révélé qu’au sud-est de la Mésopotamie (Irak) existait à la fin du IVe millénaire av. Jésus-Christ, une civilisation si évoluée que le peuple qui la constituait connaissait non seulement l’écriture, mais était dotée d’une structure d’ordre sociale, religieux et politique. Ce peuple vivait alors dans des demeures basées sur les principes d’architectures des plus avancés et ses membres étaient parés de bijoux éblouissants. Les plus beaux exemples de bijoux sumériens furent trouvés dans la tombe de la reine Pu-Abi.

Ainsi que le raconte un conservateur de musée de Milan : « dans la vaste crypte funéraire, la souveraine gisait, le haut du corps recouvert d’une sorte de manteau fait de grains d’or, d’argent, de lapis-lazuli, de cornaline, d’agate et de calcédoine… » Mais les rois du bijou furent sans conteste les Égyptiens. Les modèles conservés dans les musées en sont le témoignage. Les techniques étaient très raffinées et l’on mélangeait à la perfection les pierres d’ornement et le cristal de roche, le feldspath vert, le grenat, l’améthyste, la pâte de verre et la terre cuite émaillée. L’effet décoratif du bijou dû naître dans les tropiques; cependant, avec le temps celui-ci prit la signification de la division des classes sociales et de la bourgeoisie.

Progressivement, cette démarcation s’estompe, grâce à Coco Channel, qui lança dans le monde entier les bijoux de pacotille ; mode actuelle permettant de conjuguer le faux au vrai.